La Bible

Partie I: Le Commencement de l’Histoire Sacrée

1. Prologue éternel : Genèse du monde et de l’humanité

La Bible s’ouvre sur un souffle cosmique. En une série de six jours symboliques, Dieu, Être tout-puissant et transcendant, crée l’univers dans un ordre parfait. La lumière surgit du néant, les cieux se déploient, la mer s’apaise et la terre porte vie. À l’apogée de cette création, Dieu forme l’être humain — homme et femme — à son image, porteurs d’une dignité unique.

Le Jardin d’Éden devient le théâtre du premier drame humain : Adam et Ève, séduits par le serpent, transgressent la seule limite divine. Le fruit défendu devient symbole de liberté mal dirigée. Leur chute, plus qu’un simple acte de désobéissance, illustre le passage de l’innocence à la conscience. Le péché entre dans le monde, mais Dieu, loin de les abandonner, trace déjà un chemin de rédemption.

2. Déluge et promesse : la justice divine et l’alliance

Les générations se multiplient, mais la violence et la corruption dominent. Dieu décide d’un recommencement par les eaux : Noé, homme juste, construit l’arche sur ordre divin. Le déluge efface la vieille humanité, mais une colombe portant un rameau d’olivier annonce la paix retrouvée.

Après le déluge, Dieu établit une alliance avec Noé : jamais plus il ne détruira la terre par les eaux. L’arc-en-ciel devient le signe de cette promesse. À travers lui, la Bible introduit une notion centrale : Dieu s’engage avec l’humanité dans une relation d’amour et de fidélité.

3. Abraham : père de la foi, ami de Dieu

Dieu appelle Abraham, un homme originaire d’Ur en Mésopotamie, à quitter son pays pour une terre promise. Il fait de lui le père d’un peuple nouveau, Israël. Dieu promet à Abraham une descendance innombrable et une bénédiction pour toutes les nations à travers lui.

Abraham devient le prototype du croyant : il écoute, quitte, fait confiance, doute parfois, mais persévère. Son fils Isaac, puis son petit-fils Jacob (rebaptisé Israël), poursuivent cette lignée. Jacob aura douze fils, fondateurs des douze tribus d’Israël, dont Joseph, vendu par ses frères, sauvera l’Égypte et sa propre famille de la famine — premier exemple de salut à travers la souffrance.

4. Moïse et l’Exode : libération et Loi

Les siècles passent, et les Hébreux deviennent esclaves en Égypte. Dieu entend leur cri et envoie Moïse comme libérateur. À travers les dix plaies, Dieu manifeste sa puissance contre Pharaon, puis ouvre la mer Rouge pour permettre la fuite des Israélites. Ce départ, l’Exode, devient l’événement fondateur du peuple de Dieu.

Au mont Sinaï, Dieu scelle une alliance avec Israël et leur donne la Loi, avec les Dix Commandements en son cœur. Ce n’est pas une simple liste de règles : c’est une constitution spirituelle. Dieu veut faire d’eux un peuple saint, porteur de justice, d’amour, et de vérité. Mais les murmures et les infidélités du peuple rendent ce chemin long et difficile.

5. Terre promise, juges et rois

Après quarante ans d’errance, sous la conduite de Josué, le peuple entre en Canaan, la Terre promise. S’ensuit une période chaotique sous les Juges, des chefs charismatiques comme Débora, Gédéon, ou Samson, qui guident Israël entre conquêtes et apostasie.

Le peuple réclame un roi : Dieu choisit Saül, puis David, humble berger devenu roi conquérant et poète. David incarne l’idéal du roi selon le cœur de Dieu, malgré ses chutes. Il écrit les Psaumes, qui expriment les élans les plus profonds de l’âme humaine.

Son fils Salomon construit le premier Temple à Jérusalem, centre spirituel d’Israël, et devient célèbre pour sa sagesse. Mais sa richesse et ses alliances le détournent de Dieu. Le royaume se divise ensuite en deux : Israël au nord, Juda au sud.

Partie II : Prophètes, Exil et Espérance

6. Le Royaume divisé : infidélité et avertissements

À la mort du roi Salomon, l’unité d’Israël se brise. Deux royaumes émergent : Israël (au nord), plus puissant mais plus instable, et Juda (au sud), plus fidèle au Temple de Jérusalem. Rapidement, les rois se succèdent, souvent injustes, oublieux de Dieu, pratiquant idolâtrie, oppression et alliances corrompues.

Dieu envoie alors des hommes et des femmes aux paroles brûlantes : les prophètes. Ils dénoncent l’injustice sociale, le culte vide, la trahison de l’alliance. Ils ne sont ni devins ni prédicateurs de confort. Ils parlent avec la voix de Dieu, souvent contre leur gré, exposant leur vie pour la vérité.

7. Les Prophètes : voix de feu dans la nuit d’Israël

Le prophète Élie, solitaire et farouche, défie les rois idolâtres et fait descendre le feu du ciel. Son successeur Élisée prolonge son œuvre de miracles et de justice.

Mais c’est surtout aux prophètes écrivains qu’on doit une théologie profonde. Isaïe annonce la sainteté de Dieu, le jugement sur les nations, mais aussi un avenir de paix sous un « serviteur souffrant ». Jérémie, appelé dès le ventre maternel, pleure sur Jérusalem et avertit d’un exil inévitable, tout en promettant une nouvelle alliance écrite dans les cœurs. Ézéchiel, en exil, reçoit des visions bouleversantes, comme celle des ossements desséchés ramenés à la vie.

Les prophètes Osée, Amos, Michée, Sophonie, Habacuc et d’autres dénoncent l’injustice économique, les cultes païens, l’oubli des pauvres. Mais toujours, ils laissent filtrer une espérance : Dieu punira, mais il restaurera. Son amour est plus fort que la trahison humaine.

8. L’Exil à Babylone : le cri de la foi en terre étrangère

En 722 av. J.-C., le royaume d’Israël (nord) tombe sous les assauts assyriens. En 586 av. J.-C., c’est Jérusalem elle-même qui est détruite par les Babyloniens. Le Temple est rasé, les élites sont déportées. C’est le grand exil, l’effondrement total des repères.

Et pourtant, au cœur de cette nuit, la foi ne meurt pas. Elle s’approfondit. Les exilés comprennent que Dieu n’est pas lié à un lieu, mais qu’il est partout, même à Babylone. C’est à cette époque que naissent de grands textes de sagesse, des psaumes d’exil (« Au bord des fleuves de Babylone… »), et une réflexion intense sur le sens de la souffrance.

Daniel, dans les lions et les flammes, témoigne d’une fidélité courageuse. La vision apocalyptique prend forme : une révélation de la fin des temps où Dieu restaurera justice et gloire.

9. Retour et reconstruction : Temple, Loi et renouveau

Après 70 ans d’exil, le roi perse Cyrus, vu comme un instrument de Dieu, permet le retour. Le Second Temple est reconstruit dans la pauvreté mais avec ferveur. Le prêtre Esdras et le gouverneur Néhémie guident le peuple vers une renaissance morale : la Loi de Moïse redevient centrale, l’identité religieuse se renforce.

Le peuple redevient une communauté autour de l’Écriture, de la prière et du Temple. La foi prend une forme plus intérieure, communautaire, structurée autour de la Torah. L’idée de sainteté devient essentielle, non seulement dans le culte, mais dans le comportement quotidien.

Cependant, les prophètes post-exiliques comme Aggée, Zacharie, ou Malachie, rappellent que la reconstruction matérielle ne suffit pas. Il faut un cœur pur, un esprit humble. Le Messie se fait attendre. La promesse semble suspendue.

10. La Sagesse d’Israël : une foi enracinée dans la vie

À côté des prophètes et des récits historiques, la Bible contient une littérature unique : les livres de sagesse. Ceux-ci posent des questions universelles sur le bien, le mal, le sens de la vie, la souffrance et la justice divine.

  • Le Livre des Proverbes compile des maximes pratiques sur la droiture, l’humilité, la fidélité conjugale et la parole juste.
  • Le Livre de Job met en scène un homme juste accablé sans cause. Face à la douleur, Dieu ne donne pas une réponse logique, mais une rencontre. Job comprend que Dieu dépasse la logique humaine.
  • Qohélet (ou l’Ecclésiaste) médite sur la vanité de tout, l’impermanence de la vie. C’est une voix sceptique mais lucide, qui nous pousse à goûter les petits dons de Dieu.
  • Le Cantique des Cantiques, poème d’amour entre un bien-aimé et une bien-aimée, est souvent lu comme une allégorie de l’amour entre Dieu et son peuple.

Ces livres montrent que la foi biblique n’est pas figée. Elle pense, elle doute, elle chante, elle pleure. Elle cherche Dieu dans le quotidien, le silence, la beauté, l’épreuve.


🔔 Conclusion de la Partie II

Cette deuxième grande section de la Bible décrit un peuple en crise, mais non abandonné. Le cœur battant de la foi réside dans cette alliance indestructible entre Dieu et l’humanité, même quand tout semble perdu. Les prophètes, l’exil et la sagesse révèlent un Dieu à la fois juste et patient, exigeant et plein de compassion.

Partie III : L’Attente du Messie

11. L’espérance messianique : un roi, un serviteur, un sauveur

Au fil des siècles, à travers l’épreuve, la dispersion et la reconstruction, une espérance grandit dans le cœur d’Israël : celle d’un Messie, un oint de Dieu, qui viendrait restaurer le royaume, apporter la paix, et renouveler l’alliance.

Mais cette figure messianique est complexe, presque paradoxale. Tantôt roi conquérant issu de la lignée de David, tantôt humble serviteur souffrant dans Isaïe, tantôt prêtre éternel selon l’ordre de Melkisédech, tantôt Fils de l’homme glorifié dans les visions de Daniel.

Cette pluralité d’attentes messianiques reflète une tension : Israël attend non seulement une libération politique, mais surtout une rédemption spirituelle. Une paix véritable, intérieure, durable, que seul Dieu peut offrir.

12. Le silence prophétique et l’éveil des apocalypses

Après Malachie, dernier prophète de l’Ancien Testament, le ciel semble se taire. C’est le « silence prophétique » qui dure environ 400 ans. Ce silence n’est pas vide : c’est un temps de gestation.

Durant cette période (appelée intertestamentaire), les influences grecques (hellénisme), les dominations étrangères (Perse, Grèce, puis Rome), les tensions internes et les persécutions ravivent l’attente du salut.

Des écrits apocalyptiques naissent, comme les livres d’Hénoch ou les visions du Livre de Daniel. L’apocalypse (en grec : révélation) ne signifie pas destruction, mais dévoilement : Dieu agit dans l’histoire, même de façon cachée. Le bien triomphera du mal. La justice divine éclatera à la fin des temps.

13. Les courants du judaïsme au tournant de l’ère chrétienne

Le judaïsme devient pluriel, structuré autour de différents courants :

  • Les pharisiens, fervents observateurs de la Loi orale et écrite, croyant à la résurrection et à la vie après la mort.
  • Les sadducéens, liés au Temple, aristocrates religieux, rejetant les traditions orales et les idées nouvelles.
  • Les esséniens, retirés dans le désert (comme à Qumrân), vivant en communautés ascétiques, dans l’attente radicale du Messie.
  • Les zélotes, militants anti-romains, espérant un Messie libérateur par les armes.
  • Et le peuple humble, simple, fatigué d’oppression, qui attend le Consolateur promis.

C’est dans ce climat tendu, mystique et politisé que surgira la figure la plus bouleversante de toute l’histoire biblique.

14. Jean le Baptiste : le héraut du désert

Jean, fils du prêtre Zacharie et d’Élisabeth, naît dans des circonstances miraculeuses. Dès sa jeunesse, il vit au désert, vêtu de poil de chameau, mangeant sauterelles et miel sauvage. Il est l’écho de l’antique prophète Élie. Sa parole tranche comme une épée : « Préparez le chemin du Seigneur ! »

Jean baptise dans le Jourdain ceux qui se repentent. Il ne cherche ni prestige ni pouvoir. Il est la voix qui crie dans le désert, celle qui précède Celui qui vient. Il reconnaît humblement : « Je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales. »

Son ministère marque la transition entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle. Il est le seuil du Royaume, le dernier des prophètes, mais aussi le plus grand, car il voit de ses yeux Celui que tous ses prédécesseurs ont seulement annoncé.


🔔 Conclusion de la Partie III

La Troisième Partie de la Bible, bien que silencieuse en paroles prophétiques, résonne d’un cri d’espérance. Un cri ancien, profond, universel : que Dieu vienne, qu’il sauve, qu’il restaure. Tout l’Ancien Testament converge ici. C’est la fin de l’attente, le seuil du grand tournant. Le terrain est prêt pour l’événement central de toute l’Écriture : l’Incarnation de Dieu.

Partie IV : Jésus-Christ, Cœur de la Révélation

15. L’Incarnation : Dieu fait homme en Jésus

Après des siècles d’attente, de promesses et de silence, Dieu ne parle plus par des songes, des visions ou des figures symboliques. Il entre lui-même dans l’histoire. L’invisible devient visible. L’éternel entre dans le temps.

Dans un village obscur de Galilée, une jeune fille nommée Marie reçoit la visite de l’ange Gabriel. Il lui annonce qu’elle enfantera un fils, non pas de sang d’homme, mais par la puissance du Saint-Esprit. Ce fils, Jésus, sera appelé Fils de Dieu.

Il naît à Bethléem, dans la pauvreté d’une étable, adoré par des bergers, puis par des mages venus d’Orient. Le ciel s’unit à la terre dans un enfant fragile. L’Incarnation devient le mystère le plus bouleversant : Dieu avec nous, « Emmanuel ».

16. Le message du Royaume : paraboles, miracles, pardon

À l’âge de 30 ans, Jésus quitte Nazareth pour prêcher la Bonne Nouvelle. Il proclame que le Royaume de Dieu est proche, qu’il est même déjà là, discret mais puissant, semblable à une graine, un levain, une perle cachée.

Ses paroles sont simples mais profondes : paraboles du semeur, du fils prodigue, du bon samaritain. Il parle au cœur. Il guérit les malades, rend la vue aux aveugles, purifie les lépreux, calme la tempête, nourrit les foules, ressuscite les morts.

Mais surtout, il pardonne. Il mange avec les pécheurs, touche les exclus, accueille les femmes, les étrangers, les enfants. Il révèle un Dieu Père, tendre, juste, qui cherche la brebis perdue et court vers le fils prodigue.

Jésus ne fonde pas une religion. Il ouvre une voie. Il ne vient pas abolir la Loi, mais l’accomplir, en la ramenant à son cœur vivant : l’amour. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même. »

17. Passion et Résurrection : victoire sur la mort

Mais cette parole libre, cette miséricorde trop large, dérange. Les autorités religieuses le voient comme un blasphémateur. Les Romains, comme un agitateur. L’un de ses disciples, Judas, le trahit. Il est arrêté, humilié, jugé, frappé.

Il est crucifié entre deux brigands. Mort lente, infamante, réservée aux esclaves. Et pourtant, même suspendu au bois, il pardonne : « Père, pardonne-leur… ». Il remet son esprit entre les mains du Père.

Le vendredi semble être la fin. Mais le troisième jour, au matin du dimanche de Pâques, les femmes trouvent le tombeau vide. Jésus est ressuscité. Il apparaît à ses disciples, transfiguré, vivant, rayonnant. La mort a été vaincue.

La Résurrection est la clef de voûte de toute la foi chrétienne. Sans elle, le message serait folie ou illusion. Par elle, le péché est détruit, la mort est transfigurée, et l’espérance devient vivante.

18. Jésus, accomplissement des Écritures

Tout ce que les Écritures annonçaient, Jésus l’accomplit. Il est le nouvel Adam, le véritable Fils d’Abraham, le nouveau Moïse, le roi attendu de David, le serviteur souffrant d’Isaïe, le Fils de l’homme de Daniel.

Il rassemble les peuples, non plus autour d’un Temple de pierre, mais autour de sa propre personne. Il est le Verbe fait chair, la pleine révélation du Père. Celui qui l’a vu, a vu Dieu.

Par sa vie, sa mort et sa résurrection, Jésus inaugure une Nouvelle Alliance, non écrite sur des tables de pierre, mais gravée dans les cœurs. Il ouvre un chemin de vie pour tous, sans distinction de race, de rang, de passé.


🔔 Conclusion de la Partie IV

Jésus-Christ n’est pas seulement un grand maître, un prophète ou un martyr. Il est le centre du récit biblique, le visage de Dieu parmi les hommes. Par lui, la promesse faite à Abraham trouve son accomplissement, la Loi donnée à Moïse est transfigurée, les chants des prophètes s’illuminent.

Avec Jésus, la Bible entre dans sa pleine lumière. Tout ce qui précède le préparait. Tout ce qui suit le célèbre et le prolonge.

Partie V : L’Église et l’Esprit

19. Pentecôte : l’Esprit Saint enflamme les croyants

Quarante jours après sa résurrection, Jésus monte au ciel, laissant à ses disciples une promesse : « Vous recevrez une puissance, celle de lEsprit Saint. »

Dix jours plus tard, alors que les disciples sont réunis à Jérusalem pour la fête juive de la Pentecôte, un vent puissant emplit la pièce. Des langues de feu se posent sur chacun. Tous sont remplis du Saint-Esprit et se mettent à parler en diverses langues. Ce moment bouleversant marque la naissance de l’Église.

Pierre, autrefois peureux, se lève et proclame avec force que Jésus est le Messie. Trois mille personnes sont baptisées ce jour-là. Ce n’est plus seulement une histoire juive : c’est le début d’une mission pour toutes les nations.

L’Esprit Saint devient le moteur de la foi chrétienne : il guide, enseigne, unit, fortifie. Il est Dieu en nous, souffle d’amour et de vérité.

20. Pierre, Paul et la mission universelle

L’Église primitive est d’abord une communauté fraternelle : on partage les biens, on prie ensemble, on rompt le pain. Les miracles abondent, mais aussi les persécutions. Étienne, premier martyr, meurt en pardonnant à ses bourreaux.

Un pharisien zélé, nommé Saul de Tarse, approuve sa mort. Mais sur le chemin de Damas, ce persécuteur rencontre le Ressuscité. Aveuglé, puis éclairé, il devient Paul, apôtre des nations. Ce retournement radical marque un tournant dans l’histoire de l’Église.

Tandis que Pierre reste figure de stabilité et de pastorale, Paul parcourt l’empire romain : Antioche, Philippes, Corinthe, Éphèse, Athènes, Rome… Il prêche le Christ crucifié et ressuscité, fonde des Églises, écrit des lettres de feu.

La foi chrétienne devient universelle : juifs et païens, hommes et femmes, esclaves et libres, tous sont appelés à devenir un seul corps dans le Christ. L’unité dans la diversité devient le signe du Royaume.

21. L’Église naissante : foi, persécution, expansion

Les premiers chrétiens ne sont pas protégés. Ils sont souvent rejetés, persécutés, accusés de trahison ou de superstition. Néron, empereur de Rome, les accuse d’avoir incendié la ville, et les fait exécuter. Pierre et Paul meurent martyrs à Rome.

Mais loin d’éteindre la foi, ces souffrances l’enracinent. Le sang des martyrs devient semence de chrétiens. La foi se propage comme un feu discret mais invincible. Des communautés naissent dans tout l’Empire : de l’Espagne à l’Inde, de l’Afrique du Nord à la Gaule.

La foi chrétienne se définit peu à peu : le baptême, la fraction du pain (Eucharistie), les écritures partagées, le service des pauvres deviennent ses fondements.

22. L’Évangile selon les Apôtres : lettres et enseignement

Le Nouveau Testament se compose peu à peu. Outre les quatre Évangiles (Matthieu, Marc, Luc, Jean), les Actes des Apôtres racontent l’expansion de l’Église. Mais ce sont surtout les lettres de Paul, Pierre, Jacques, Jean et Jude qui forment le cœur doctrinal du message chrétien.

Ces lettres parlent de foi, d’espérance, d’amour. Elles enseignent comment vivre en Christ : aimer ses ennemis, porter les fardeaux des autres, garder la paix, se réjouir dans la souffrance.

Elles insistent sur la nouveauté radicale du salut : par grâce, non par les œuvres, nous sommes sauvés. Non par mérite, mais par l’amour de Dieu. Le croyant devient temple de l’Esprit, membre vivant du Corps du Christ.


🔔 Conclusion de la Partie V

L’Église, née du souffle de l’Esprit, n’est pas une institution humaine. Elle est un corps vivant, fragile mais fort de la présence divine. Elle traverse les âges, les frontières, les persécutions, avec une seule mission : annoncer la Bonne Nouvelle.

Cette partie de la Bible montre que la foi chrétienne n’est pas seulement une adhésion intellectuelle, mais une vie nouvelle, un appel à la sainteté, une appartenance à une communauté guidée par l’amour.

Partie VI : L’Apocalypse et l’Espérance finale

23. L’Apocalypse de Jean : visions de jugement et de gloire

Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse (ou Révélation), est une œuvre à part, étrange et majestueuse. Il est écrit par Jean, en exil sur l’île de Patmos, à une époque où les chrétiens sont persécutés. Mais loin d’être un texte de peur, c’est un livre d’espérance radicale.

Jean reçoit des visions symboliques : un trône éclatant, des chevaux de guerre, des coupes de colère, des trompettes, des anges, un dragon, une prostituée, une Bête. Le langage est codé, empruntant aux prophètes comme Ézéchiel et Daniel.

L’Apocalypse montre le conflit cosmique entre le bien et le mal, entre l’Agneau (le Christ crucifié) et les forces du chaos. Mais ce n’est pas un duel d’égal à égal. L’Agneau est vainqueur, non par la violence, mais par le don total de sa vie.

Ce livre invite les croyants à rester fidèles jusqu’au bout, à ne pas se laisser séduire par l’empire, la richesse ou l’idolâtrie. Le combat spirituel est réel, mais la victoire est déjà acquise en Christ.

24. La Jérusalem céleste : fin du mal, règne de Dieu

Après les jugements, vient la promesse ultime : « Un nouveau ciel et une nouvelle terre ». Le mal, la mort, la souffrance, les larmes sont abolies. Le monde ancien s’efface pour laisser place à une création transfigurée.

Jean décrit la Jérusalem céleste, ville d’or et de cristal, descendue du ciel. Elle n’a plus de temple : Dieu lui-même en est la lumière. Les nations y sont réunies, les portes y sont toujours ouvertes, et un fleuve de vie y coule au milieu.

C’est la restauration complète de ce qui fut brisé au commencement. Ce que l’Éden préfigurait, la Jérusalem céleste l’accomplit. L’homme et Dieu vivent de nouveau ensemble, sans séparation, sans peur, dans une communion parfaite.

La Bible, qui commence dans un jardin, s’achève dans une cité. Le cercle est bouclé. Mais ce n’est pas un retour, c’est un accomplissement.

25. La Bible, une histoire de salut pour l’humanité

La Bible n’est pas un simple livre religieux. Elle est l’histoire du salut. Un récit tissé d’alliance, de chute, de promesse, de fidélité, de pardon, de grâce. Elle est la parole vivante de Dieu qui s’adresse à l’humanité tout entière.

Depuis la création jusqu’à la rédemption finale, elle révèle un Dieu qui cherche l’homme, qui l’aime, qui le sauve non par obligation, mais par amour. Un Dieu qui se fait proche, jusqu’à devenir homme, jusqu’à mourir pour nous.

La Bible raconte aussi notre propre histoire : nos exils, nos errances, nos luttes, nos attentes, nos conversions. Elle nous appelle à entrer dans cette aventure, non comme spectateurs, mais comme participants du dessein divin.

Elle est à la fois un miroir, une lumière, une promesse. Elle ne se contente pas d’informer : elle transforme.


📘 Épilogue: Une parole toujours vivante

La Bible s’achève, mais elle ne se ferme pas. Elle continue de parler. Elle interpelle chaque génération, chaque conscience, chaque cœur.

Elle appelle à vivre la foi non comme une idée, mais comme un chemin, un engagement, une espérance. Elle ne cache pas la complexité du monde, mais elle affirme que l’amour est plus fort que la haine, que la vie a le dernier mot, et que Dieu est fidèle jusqu’à la fin.


Résumé final – Les six grandes étapes

  1. Création et chute : Dieu crée le monde bon, l’homme chute, mais l’alliance commence.
  2. Patriarches et promesses : Abraham, Moïse, l’Exode, la Loi, la terre promise.
  3. Rois, prophètes, exil : David, le Temple, les avertissements, l’exil à Babylone.
  4. Espérance et Messie : silence prophétique, attente du sauveur, Jean le Baptiste.
  5. Jésus-Christ : incarnation, prédication, crucifixion, résurrection.
  6. Église et accomplissement : Pentecôte, mission, persécution, Apocalypse, Royaume.

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